Vivre avec la maladie mentale à 18 ans – Témoignage d’une jeune entrepreneure.

Mon nom est Jessika et voici mon histoire :

Vivre avec la maladie à 18 ans.

Je n’ai que 18 ans et je suis déjà pleine d’émotions, de vécu et d’anxiété. J’ai aussi mon entreprise, Mouse design, depuis quelques temps. Je suis designer graphique, en plus d’être aux études. 18 ans seulement, je suis entrepreneure, et les médecins disent que j’ai un TAG.

Aujourd’hui, c’est la journée mondiale de la santé mentale. J’’essaie de me dire que je ne suis pas seule là-dedans mais… À 18 ans, c’est difficile d’expliquer notre maladie à nos amis. Ils pensent tous que c’est du stress à cause du Cégep, mais jamais ils ne comprendront la douleur d’une attaque de panique. Mon diagnostic?  TAG et trouble panique. TAG, comme dans trouble d’anxiété généralisé! Eh oui, même si parfois j’ai l’impression que, justement, c’est mon tag, mon étiquette.

Mais, vous savez quoi? Je n’ai pas envie de laisser la maladie mentale me définir. Je ne suis pas, et je ne serai jamais ma maladie mentale! En tant qu’entrepreneure, on me dit souvent que je devrais être bien dans ma peau, heureuse et libre. Ce n’est pas aussi facile que ça en a l’air, avoir une entreprise. Croyez-moi! C’est beaucoup de stress et malheureusement beaucoup d’échecs pour le nombre de réussites avant d’arriver au sommet. Je pensais que la maladie allait m’empêcher et me restreindre dans ma façon de vivre. Vous savez quoi? J’avais raison.

Journée mondiale pour la santé mentale, témoignage Jessika, TAG et trouble panique
Photo: Jonas Svidras @ STEP.CAMERA
L’acceptation.

Je ne veux pas être pessimiste, mais c’est la réalité. Avoir un trouble d’anxiété met des bâtons dans les roues. Il faut apprendre à vivre avec la maladie. Il faut la combattre. Malheureusement, il n’y a pas de recette miracle. J’ai décidé de foncer et je vais avouer que ça m’arrive de retomber et de sombrer dans mes pensées. Le médecin  dit que c’est un effet secondaire des anti-dépresseurs…

Sérieusement? En quoi c’est censé m’aider, alors, me suis-je demandé? Des anti-dépresseurs qui me rendent dépressive, c’est une blague?

Mais ne vous inquiétez pas, mes doutes concernant la médication ont été temporaires. J’y reviendrai…

J’ai toujours eu du mal avec la confiance en soi. C’est tout un défi  quand on décide de devenir entrepreneur! Devoir rencontrer des clients, donner notre opinion, faire des appels, accepter la critique et plus encore. Juste à écrire ces mots, j’ai le cœur qui palpite. C’est un défi à tous les jours. Parfois je m’endors en pleurant. Je me rappelle toutes mes petites erreurs de la journée et je m’en veux au plus haut point.

Je suis la première à vouloir se cacher sous mon bureau quand un de mes enseignant parle d’exposé oral, puis me voilà, mon propre patron, je dois tout gérer. C’est mon médecin, qui m’a dit ça, que je devais vivre avec la maladie. Quand on m’a dit ça la première fois, c’était comme si on venait de m’annoncer que j’avais le cancer. Vous me direz que ce n’est pas la mort… Pour moi, c’était tout comme. Je savais très bien quel serait le diagnostic et, pour être honnête, j’avais hâte de l’avoir, ce diagnostic… Puis, quand il est arrivé dans mes mains, j’ai réalisé : j’allais être un numéro, une autre atteinte de TAG parmi les autres, pour le restant de ma vie, droguée aux anti-dépresseurs.

Pour moi, vivre avec la maladie… Comment veux-tu que je fasse ça, docteur? Je suis au cégep, j’ai mon entreprise… Si c’est pour vivre avec la maladie sans jamais m’en sortir, internez-moi en psychiatrie, ce sera mieux!

Puis, j’ai compris.

J’ai compris que je ne m’en débarrasserais pas, de la maladie. Par contre, je peux tout faire pour l’empêcher de m’arrêter de vivre. Je peux vivre mon rêve et avoir une entreprise avec la maladie. Et si ça m’aidait à avancer? En effet, ça m’a aidé. Étonnamment! Ça m’a forcé à sortir de ma zone de confort même si, comme conséquence, je vivais une attaque de panique. Je vous en parlerai dans un autre texte, mais quand j’ai un but en tête, je fais tout pour y arriver. Du moins, j’essaie…

Journée mondiale pour la santé mentale, témoignage Jessika, entrepreneure et fonceuse

Ça m’a souvent donné envie de baisser les bras. Il ne faut pas! La maladie, elle est là pour nous énerver. Dans mon cas, j’ai réussi à trouver un côté positif à la maladie mentale et ça, ça aide à avancer! Il faut l’apprécier un minimum, même si c’est difficile, parce qu’après tout, elle fait partie de nous. Mon anxiété, moi, elle me permet de remarquer tous les petits détails dans les réactions des gens. Parfois, ça crée beaucoup plus d’angoisse qu’autre chose… J’ai cependant compris que, de temps en temps, avec un client, mon anxiété me prouve que les gens ne pensent pas toujours ce qu’ils disent et ça me permet de changer de direction puis d’obtenir les clients.

Aujourd’hui, c’est la journée mondiale de la santé mentale, alors profitez-en pour prendre un moment pour essayer de trouver un côté positif à votre maladie mentale. Si quelqu’un dans votre entourage souffre d’une maladie mentale, faites un beau geste et passez du temps avec cette personne… Ça fait toujours du bien!

Jessika xx

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