Vivre dans le mensonge : Se mentir à soi-même et à ceux qui nous aiment…

« Vivre avec une maladie mentale, quelle qu’elle soit, signifie bien souvent que notre vie baigne dans le mensonge, dans les jeux de façade ou dans le déni. Soit parce que nous avons honte, soit que nous avons peur d’être dénigrés ou d’être atteint par l’opinion des autres, et parfois même, de leur pitié. Il arrive aussi, bien souvent, que nous soyons dans le mensonge nous-mêmes, en niant la réalité de notre propre situation. »

 

Troubles aliementaires, anorexie, hyperphagie, mensonges

Ce fut effectivement bien longtemps mon cas. Je n’avais pas un trouble alimentaire, puisque selon moi, j’étais tout simplement bien en contrôle de tout, de ma vie, de mon corps. Alors que tout tombait en spirale autour de moi, j’avais ce contrôle, ce pouvoir sur moi.

Alors je mentais au quotidien, et ce, continuellement et de façon spontanée et naturelle. Le mensonge, ou jouer avec la vérité, devient vite une seconde nature. La moindre hésitation, ou le moindre faux pas dans la constance de ce que l’on disait peut nous trahir. Encore ici, j’avais pour ma part, ce sentiment de contrôle sur ce qu’était ma vie. Et comment je la présentais aux autres, ou ce que j’en dévoilais ou cachais.

Le Mensonge avec un grand M

Lorsque l’on me demandait si j’arrêtais déjeuner avec eux avant d’arriver à l’école. Je pouvais rapidement et sans hésitation, répondre en menu détail, ce que j’avais déjà englouti avant de quitter la maison. Alors que dans les faits, je n’avais pas mangé. Mon art était de pouvoir débouler ainsi des réponses, des raisonnements et des excuses, sans ne jamais démontrer d’hésitation ou de doute. Je vivais dans le mensonge, totalement. Mais ce mensonge était devenu ma propre réalité.

Comme un caméléon, je savais très bien ce que je devais répondre à mes parents , à mes amis, ou à mes collègues de travail. Certains diront que je menais une double vie. Mais en fait, c’est bien plus que cela. Puisque, nous finissons par y croire à : cette vie de mensonges. Car le mensonge devient sécurisant et nous protège du monde extérieur. Ce monde qui pourrait venir tout détruire et nous chambouler.

Nos mensonges nous permettent d’ériger cette barrière qui nous permet de continuer à vivre loin du regard de désapprobation des gens. Des gens, qui veulent nous aider — allez vous dire. Mais, lorsque l’on vit dans le mensonge, ces gens sont là pour venir détruire notre réalité à nous. Le travail n’est pas uniquement sur la guérison de notre mal. Mais, il est aussi sur la réalité avec laquelle nous vivons.

Mais, cette vie de mensonge s’étend rapidement, et bien souvent, aussi à toutes les sphères de notre vie. Cette seconde nature nous amène de façon insidieuse à parfois enjoliver d’autres aspects de notre vie, afin que tout puisse vraiment paraître normal, beau, et même parfait. Car qui jugerait, ou fouillerait la vie, d’une personne à l’apparence parfaite ?

Atteindre la perfection

On deviendra aussi beaucoup plus assidu et travaillant. Ce qui permet encore une fois de détourner l’attention des gens, et de la garder sur la réalité que nous souhaitons qu’ils voient. Je suis donc devenue, bien naturellement une élève modèle, aux notes parfaites qui se méritaient des bourses d’études et des prix de réussite. Une jeune fille avec un bon petit boulot régulier et je compilais même des heures de plus dans d’autres petits boulots afin de m’assurer de n’avoir aucune dette. Sans petits amis gênants et problématiques. Active et sportive par-dessus le marché. Comment penser que sous ces eaux parfaites je cachais un véritable carnage de ma vie ?

Le mensonge parfait. Une vie parfaite. En apparence – tout en apparence. Car tout était question d’apparence. J’ai vécu dans le mensonge une bonne partie de ma vie pour cacher mon mal. Aujourd’hui, il est encore difficile parfois de dire franchement mes troubles et mes faiblesses. Mais, j’y travaille avec encore plus d’acharnement que je ne l’ai fait pour bâtir ma vie de mensonges.

Certains de ces mensonges ne seront jamais mis à jour. Ne seront jamais dévoilés. Car le temps a filé, les gens ne sont plus autour de moi. Je ne m’en souviens probablement plus. Alors parfois, j’ai le cœur qui serre à essayer de me souvenir de tout. Et ce sentiment de honte d’avoir autant menti m’aide à être plus forte aujourd’hui, et à affronter la vie sans mensonges.

Nadine

Vivre dans le mensonge ne pas reconnaître son anorexie. Auteure,Nadine Blanchette

2 thoughts on “Vivre dans le mensonge : Se mentir à soi-même et à ceux qui nous aiment…

  1. Salut à toi, j’ai trouvé ce billet sur mon site, alors je viens voir… Et je vais de ce pas rendre la même réaction ici. Les références acquises dans ce bel article n’ont vraiment pas l’air d’être vraiment au point : metalious.com, en plus d’être relativement obscur (pour ne pas dire parfaitement inconnu) et pas franchement bien codé, ne présente strictement aucun des cours proposés dans sa liste. Quant au second, c’est le lien vers le livre de l’auteur du même site… Ledit livre n’a visiblement reçu aucun avis sur Amazon et n’a pas l’air en vente ailleurs, ce qui tend à dire qu’en fait de Bible, il s’agit au demeurant d’un triste bouquin qui ne se vend pas. Du grand Cortex 4.0. L’article en lui-même est très complet mais les références revendiquées ne me font ni chaud ni froid. https://necropedosadomaso.wordpress.com/2017/10/09/le-heavy-metal-est-il-raciste/

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