Le courrier de la caboche : Témoignage de Marie-Anne.

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– Nouveauté –

Vous connaissez probablement les “courriers du coeur”. C’est sur ce même principe que nous lançons “Le courrier de la caboche”. Que ce soit pour des questions à propos de votre maladie mentale ou celle d’un proche, que vous vivez une situation difficile et vous avez besoin d’aide ou parce que vous voulez avoir un avis extérieur, notre équipe et nos collaborateurs vous répondrons avec plaisir!

Aujourd’hui nous répondons au témoignage de Marie-Anne qui après avoir vécue plusieurs épreuves difficiles, notamment des agressions sexuelles, éprouve des symptômes invalidants. C’est avec beaucoup de courage qu’elle nous partage son histoire.

Notre réponse se retrouve à la fin de son témoignage.


Bonjour,

je me nomme Marie-Anne, je suis récemment tombé sur votre site internet et je le trouve fort intéressant puisque je me sens moins seule; prise dans cette maladie mentale. À l’âge de 14 ans, ma première relation amoureuse a été un vrai cauchemar. Victime d’agressions sexuelles par mon premier, le second n’a pas été une meilleure expérience pour moi. Celui-ci était un psychopathe. J’ai vécu un enfer qui a duré 4 ans. À l’âge de 17 ans, la relation c’est  terminée pour de bon.

Durant ces années, j’ai été victime d’abus psychologiques et physiques. il m’a également violé à 2 reprises et démolie psychologiquement. À l’âge de 16 ans j’ai fait une tentative de suicide. On m’a diagnostiqué une dépression majeure, un trouble anxiété généralisé, d’impulsivité et à ce jour, un trouble de la personnalité limite. 

Au mois de décembre 2016, à l’âge de 21 ans, il a réussi à revenir dans ma vie et cette fois il sait bien assurer de réouvrir les blessures enfouies en me reviolant pour une 3 fois. 

Depuis, c’est comme si je revivais une peine d’amour et comme si j’étais morte à tous les jours. C’est un combat à recommencer sans cesse, sans savoir dans quel but ni comment y parvenir. J’ai des problèmes de consommation, d’alimentation et d’auto-mutilation. Au fil de ces années, mes amies et ma famille m’ont abandonné et je me retrouve encore aujourd’hui, seule dans ce combat incompris . 

Je ne vais pas mieux. Je me sens aussi vide et je ne comprends toujours pas ce qui s’est passé. On me dit d’oublier… Que c’est mon tempérament. Mais je sais qu’il y a autre chose! Je  fais des cauchemars à tous les soirs, je me réveille en sueurs, j’ai des flashbacks et mes relations sont difficiles. Je crois que j’ai un stress post traumatique. Je dis “je crois”, puisque personne ne croit que j’en ai été affectée à ce point. Ça me détruit de me battre contre les médecins pour qu’on me donne le bon diagnostic et l’aide appropriée. 

Je fais des recherches seules sur le net et j’essais de comprendre moi-même les dommages faits à mon cerveau. J’ai besoin d’aide et de soutien mais je suis seule. Vide. Je vie pleins de cauchemars et de pensées qui sont hors de contrôle. Certaines journées je veux arrêter ce combat sans fin qui me demande une force surnaturelle mais je continue… 

Merci d’avoir lu ça m’a fait un bien énorme.


Bonjour Marie-Anne,

Tout d’abord, je tiens à vous dire merci de partager votre histoire avec moi et surtout avec nos lecteurs. Votre histoire m’a profondément touchée et votre courage est remarquable.

Je n’ai pas personnellement vécue tout ce que vous avez vécue alors je ne peux dire que je vous comprends à 100%. Ce que je peux comprendre par contre, c’est votre grande souffrance et votre sentiment d’impuissance. Je comprends aussi votre sentiment de vide, votre manque de compréhension envers ce qui vous arrive et malheureusement, votre détresse.

Je ne suis pas en position de faire un diagnostic bien entendu mais, la possibilité de vivre présentement un syndrome post traumatique, comme vous l’avez mentionnée, est très plausible! J’ai d’ailleurs rédigée un article suite aux grand mouvement #moiaussi dans lequel je parle des conséquences d’une agression sexuelle sur la santé mentale. Je vous invite à le lire. Je suis certaine qu’il vous apportera certaines réponses relatives à vos symptômes. De plus, vous y trouverez plusieurs ressources d’aide qui existent.

Je vais vous faire une confidence aujourd’hui et par le fait même, à toutes celles qui liront. J’ai vécue aussi de la violence conjugale pendant près d’un an il y a environ 12 ans déjà. Je n’aime pas que le mot “conjugale” soit rattaché à “violence” bien franchement. Que ce soit fait par un conjoint ou non, c’est de la violence point à mon humble avis et elle devrait être jugée de la même façon qu’une agression faite par un inconnu.

Tout ça pour dire que, je sais à quel point c’est destructeur. Je sais aussi que oui, ça demande une force surhumaine de continuer à se battre constamment pour recevoir de l’aide. Cependant, j’ai la conviction que vous êtes vous aussi une guerrière. Le fait que vous soyez encore ici, après tout ce que vous avez vécue et ce que vous vivez encore, en est la preuve.

Aujourd’hui je veux vous dire que vos symptômes physiques et psychologiques sont normaux. Vos réactions, votre irritabilité, vos cauchemars et vos sentiments sont normaux aussi. Vous êtes NORMALE! N’importe qui, dans votre situation, viverait avec de grandes répercussions. Je veux également vous dire que non, vous n’êtes pas seule. N’abandonnez surtout pas!

Même si tout est noir présentement et même si chaque jour est un combat, vous méritez de ne pas vous abandonner. Soyez votre meilleure amie. Soyez votre famille. Soyez LA personne la plus importante dans votre vie et traitez-vous comme vous traiteriez une personne que vous aimez profondément.

Continuez à chercher de l’aide. Frappez à toutes les portes jusqu’à ce que vous soyez au bon endroit. C’est extrêmement dur, je le sais. Ceci-dit, si j’ai réussi à le faire vous le pouvez aussi! Je vous encourage fortement à aller au bout de vos convictions en ce qui attrait à votre certitude d’avoir reçue des services d’aide inappropriés. Votre santé est ce qu’il y a de plus important et il ne faut pas perdre espoir.

Pour terminer, je vous invite également à lire notre article sur nos droits fondamentaux en tant que patients. En connaissant vos droits et les lois, vous pourrez accélérer le processus pour recevoir de l’aide.

Je vous souhaite de chasser le noir et de trouver du rose partout,

Émélie

Le courrier de la caboche, agression sexuelle, syndrome post traumatique

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