TPL, anxieuse et hypersensible. Témoignage : Ma part d’ombre, deuxième partie.

« Je suis une fille qui aime relever des défis, enfoncer des portes barrées, casser les tabous, dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. »

Témoignage par Elina : Ma part d’ombre, suite.

Pour lire la première partie du témoignage « TPL. anxieuse et hypersensible », c’est juste ici.

 

Briser les tabous, Témoignage Ma part dombre ; TPL, anxieuse et hypersensible: Visages de la santé mentale

 

Bref, tout ce pavé pour dire quoi au final…

Peut-être vous expliquer un peu ce que j’ai. Les troubles se caractérisent par de grosses fluctuations d’humeur, des phobies (sociales pour moi) et des compulsions. Que ce soit les achats ou l’automutilation, c’est destructeur. J’ai une très faible estime de moi en plus d’une peur de l’abandon. Bien sûr s’ajoute, une de ne pas être aimée terrible, je suis anxieuse et j’éprouve un grand sentiment de vide. Souvent, j’ai l’impression de ne pas exister, de ne pas avoir de personnalité…

J’ai aussi une très grande sensibilité ansi qu’un besoin d’amour des autres jamais rassasié. Ce sont aussi d’énormes fluctuations dans ma tête! Apathie suivie d’énergie extrême, aimer et détester quelqu’un dans la même minute, pleurer puis exulter et une grande impulsivité. Mais aussi, un esprit très cartésien, très émotive et à la fois très consciente des risques. Une difficulté à me concentrer longtemps, un millier de projets en tête, une grande impulsivité, beaucoup de colère, une estime de soi inexistante, parfois un sentiment de persécution, de la dépersonnalisation et des black-out en cas de surcharge émotionnelle.

Je suis médicamentée depuis mes 21 ans. Étant anxieuse, la médication se veut necéssaire. Mais grâce à ça, j’ai rajouté des pertes de mémoire! La médication apporte une chute libre de ma libido, une hypersudation et une addiction aux benzo. Je suis également hyperempathe et hypersensible, ce qui a pour effet que ce qui arrive aux autres me touche. Ça me blesse plus que si cela m’arrivait à moi! Mais en contrepartie, et malgré une grande timidité et aucune confiance en moi, je suis une excellente communicatrice et une as de la résolution de problème (c’est dur à écrire…).

Malgré tout, je ne suis pas la maladie.

Je suis une fille qui aime relever des défis, enfoncer des portes barrées, casser les tabous, dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Je me connais sur le bout des doigts, ce qui me permet de mieux gérer mes crises et me remettre en question. Il faut souvent que je prenne sur moi pour arrêter de m’occuper des autres et enfin m’occuper de moi, ce n’est pas naturel pour moi (beaucoup en ont d’ailleurs profité pour abuser de moi, dans tous les sens du terme).

J’ai rarement écrit tout ce que je viens de dire, à part pour faire le point dans mon journal intime. Mais je crois au pouvoir des mots, les mots sont ma force et ma plus grande source de bonheur. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai ouvert une maison d’édition. Il est important de parler de tout ça, de démystifier tout ça, d’arrêter de tourner autour de notre éléphant à s’en faire asphyxier pour enfin l’obliger à aller voir ailleurs si on y est.

 

Forte et brave, Témoignage Ma part dombre ; TPL, anxieuse et hypersensible: Visages de la santé mentale

Anxieuse et TPL mais pas folle!

Je terminerai sur pourquoi je suis devenue entrepreneure. Mon WHY. Je n’ai jamais trouvé ma place dans la société et je suis bien trop têtue et en rébellion pour me plier à ses exigences. Je ne suis pas capable de faire la même chose 365 jours par an, avec la même routine, les mêmes collègues. Il m’arrive aussi de ne pas être capable de me lever le matin et impossible de justifier ça auprès d’un quelconque employeur (car “c’est dans ma tête”). Ma créativité a du mal à être aux services d’un autre. Et je veux aider. Je suis devenue entrepreneure pour me créer un emploi sur mesure. Ce qui ne veut pas dire sans inconvénient ou contrainte.

Il n’y a pas de boulot parfait. Mais je n’ai à me justifier auprès de personne quand un matin, je me réveille une crise d’angoisse au coin de la porte. Si je ne me réveille pas (et ça arrive, car je fais autant d’insomnie que d’hypersomnie), c’est à moi seule que je dois rendre des comptes. Je peux travailler selon mes horaires (qui ne sont pas ceux du commun des mortels). Et je crée. Que serait ma vie sans la création ? Puis ça me donne une impression de mieux contrôler ma vie, ce qui est vital pour moi.

S’adapter, rêver, créer…

J’occupe deux emplois diamétralement opposés: d’un bord, je suis éditrice (j’offre également des ateliers et des services linguistiques et marketing) et de l’autre, je suis consultante pour un MLM. Les deux me font sortir de ma zone de confort (qui est loin de toute interaction humaine) et me permettent de développer des capacités différentes. Je suis passionnée par ce que je fais et encore une fois, incapable de ne faire qu’une chose à la fois (spéciale dédicace à mon mari qui s’est fait une raison de ne pouvoir regarder un film avec moi sans que je fasse plein de trucs en même temps.)

Pour conclure ce texte beaucoup trop long, j’aimerais vous dire que chacun-e de vous crée à sa manière une forme de beauté. Vous ne la voyez peut-être pas, mais elle est là. Et chacun-e possède une étincelle qui même abandonnée, survit à tout. Elle peut être tenue et silencieuse, mais ne s’éteint jamais. Croyez en vous. Ou observez, car quelqu’un quelque part croit en vous. La maladie mentale ne fait pas de vous quelqu’un de faible bien au contraire. Et surtout, vous n’êtes pas seul-e. Vous n’êtes pas incapable. La maladie et le handicap ne sont pas un obstacle à la vie.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *