Témoignage : Chronique d’une anxieuse.

Mon nom est Nathalie Bryar et voici mon histoire :

Honnêtement, je ne peux pas dire que je me souviens de la première fois où j’ai ressenti de l’anxiété. À bien y penser, je crois que l’anxiété a fait partie de ma vie quotidienne dès le début de mon enfance. Ce qui est drôle vraiment parce que j’ai grandi dans une famille remplie d’amour avec des parents très présents qui m’ont offert une enfance très stable.

Je me souviens étant jeune avoir eu peur à maintes reprises de quitter mes parents pour aller passer la nuit chez ma cousine. Je changeais d’idée toutes les cinq minutes parce que dès que je me décidais à y aller, une barre de peur se fixait dans le fond de mon estomac. Comme si le seul endroit sécuritaire était près de mes parents.

J’étais une enfant très heureuse, mais il semble qu’à des moments aléatoires, tout autour de moi était une source d’inquiétude et de stress.  C’était très difficile pour moi de m’endormir le soir avec toutes ces pensées et cette nervosité mais j’étais tellement habituée de me sentir de cette façon là que je me disais que ce devait être moi le problème. Que j’étais différente!

Bien sûr, il ne me vint jamais à l’esprit qu’il y avait des moyens de me sentir mieux et que je n’avais pas à vivre de cette façon pour la simple et bonne raison que je n’étais pas informée sur l’anxiété. Je ne savais même pas que ça existait! Bien entendu, dans mon temps l’information sur Internet n’était pas aussi facilement accessible. La dépression et les autres troubles nerveux étaient des sujets peu connus ou tout simplement tabous.

Je sais, à lire ma dernière phrase on dirait que je suis née dans les années 40 ! Hahaha il faut dire que la technologie a fait un très grand bond pendant ma jeunesse…

J’ai donc appris pendant mon adolescence, grâce à ma merveilleuse mère, à foncer sans laisser l’anxiété ou le stress m’empêcher d’atteindre mes buts et de performer dans tout ce que j’entreprenais. Ma vie semblait merveilleuse et elle l’était vraiment… Mais dans le fond de moi-même, il y avait toujours cette petite voix, qui s’inquiétait à savoir si les gens m’aimaient, si j’avais tout fait parfaitement et si tout était sous contrôle. La fameuse barre de stress dans le fond de mon estomac était devenue une partie intégrante de mon quotidien, toujours présente mais je n’en faisais plus de cas… Après tout n’est-ce pas ce que la société nous apprend ? Que le stress est une partie normale de la vie ?

Ma première crise de panique : 

Je me souviens très clairement comme si c’était hier, de ma première crise de panique… de la terreur absolue que j’ai ressentie. J’avais 27 ans et j’étais en chemin pour le travail un matin. Je montais la même côte que d’habitude et mon cerveau virait à 100 kilomètres à l’heure comme toujours. Attendant la lumière verte le pied sur le frein et me préparant à relâcher efficacement l’embrayage pour monter la côte sans étouffer mon auto, je me suis soudainement sentie faible et étourdie. Mes mains se sont agrippées au volant et mon esprit s’est automatiquement mis en mode panique ! Je me souviens avoir pensée :

”Et si je m’évanouis et que je lâche le frein ? Et si mon auto descend la côte au complet et que je tombe en bas du ravin parce que je suis inconsciente … Et si je fais une crise cardiaque ?”

Je sais, super questions pour se calmer non ?

 



 

Plus je me posais des questions, plus j’étais paniquée. Ma respiration était haletante, mes mains étaient froides, pleines de sueurs et je me sentais vraiment comme si ma vie était en grand danger. En essayant de me calmer, je me disais que je venais probablement simplement d’avoir une chute de pression et que c’était UN de ces MATIN LÀ ! Que j’étais seulement un peu trop angoissée à cause de ma relation, mon nouvel emploi et l’achat récent de ma nouvelle maison.

Une semaine plus tard, je venais de terminer la facturation hebdomadaire de la compagnie et je me préparais à aller me chercher une bonne dose de caféine quand tout à coup un sentiment d’essoufflement m’a envahi. Je me sentais comme si j’avais énormément de difficulté à faire parvenir de l’air à mes poumons. C’était une sensation vraiment étrange et évidemment ça m’a rendu extrêmement nerveuse! Respirer c’est normalement une partie très importante de la survie non ?

Le bureau me semblait de plus en plus petit, plus chaud et les murs se refermaient sur moi…

Je devais absolument sortir à l’extérieur et m’enfuir au plus vite de cette situation. J’ai marché, ok non! j’ai couru comme une folle jusqu’à la sortie pour prendre de longues respirations d’air frais en essayant de me calmer. Après quelques moments j’ai pris mon courage à deux mains pour retourner à l’intérieur. Aussitôt que je pris place à mon bureau les mêmes sentiments revinrent encore plus forts !

Ma gorge semblait se refermer sur elle-même et je me sentais comme si j’allais m’évanouir. Je me souviens m’être dit que je devais avoir attrapé un virus ou que j’étais vraiment très malade et que je devais aller voir un docteur immédiatement ; qu’une fois à l’hôpital je serais en sécurité. À l’urgence on me posa mille et une questions et on me fit passer une batterie de tests pour me faire dire après trois heures que rien ne clochait. J’étais en parfaite santé! Et est-ce que le mot anxiété a été prononcé pendant cette visite? Pas une seule fois!

J’étais beaucoup plus calme en retournant à la voiture, me sentant un peu ridicule et essayant d’expliquer à mon copain ce qui s’était passé. Hum! Chéri… peut-être que j’ai eu un drôle de SPM ce mois-ci ou quelque chose du genre?

Étant donné qu’il était encore tôt j’ai décidé de retourner au bureau pour reprendre le retard que je venais de créer avec toute cette histoire quand pas plus de deux minutes après, je me suis mise encore à avoir de la difficulté à respirer. C’est à ce moment là que j’ai commencée à avoir VRAIMENT peur!

Est- ce que j’étais en train de devenir folle ?

Les choses ont tellement empiré dans les semaines suivantes qu’à un certain point je ne pouvais même plus conduire ma voiture. J’étais angoissée à la simple idée de sortir de chez moi et je n’arrivais plus à travailler. J’étais littéralement envahie et paralysée par la peur.

Mon médecin m’a prescrit des antidépresseurs et j’ai dû arrêter de travailler. Ma mère me fit part que j’avais même des spasmes faciaux tellement j’étais stressée, tendue et que mon corps était fatigué. Tout ce que je voulais c’était de me sentir normale, de simplement être capable de sortir prendre une marche sans paniquer. On pourrait dire que c’était le moment le plus pénible de ma vie… Ou plutôt le moment pivotant de ma vie!

Être aussi brisée, aussi vulnérable, ne m’a pas laissé le choix de m’abandonner complètement et de commencer à penser qu’il y avait peut-être quelque chose à propos de la vie que je n’avais pas bien compris.

Dans les mois qui ont suivi, j’ai été guidée vers des programmes, des professeurs, des amis et toutes sortes d’autres merveilleuses choses qui m’ont totalement transformée. Je peux vous dire fièrement que je suis libérée de mes crises de panique, de mon anxiété et surtout je ne prends aucun médicament.

Le plus important de tout : Je suis heureuse et en paix.

 



 

Vous devez vous demander pourquoi je vous dis tout ceci? Pourquoi je partage une partie aussi difficile et privée de ma vie? Je le fais parce que je veux que les gens réalisent que l’anxiété n’est pas seulement quelque chose qui peut se pointer le bout du nez pendant une situation particulièrement stressante au boulot ou à la maison. C’est aussi une condition qui peut se développer tout au long de votre vie.
Je veux que vous sachiez que vous n’êtes pas seuls.

Je remarque avec tristesse que la dépression, l’anxiété, les crises de panique et les troubles de déficit d’attention chez les adultes et aussi chez les enfants prennent de plus en plus de place dans la vie d’aujourd’hui. Au lieu de faire des recherches plus approfondies afin de régler ces problèmes à la base, la société ne fait que contrôler de peine et de misère la situation avec une augmentation de prescriptions de médicaments.

Sérieusement, votre docteur vous a t-il déjà parlé des options nutritionnelles, des traitements naturels, de la méditation, du tapping ??

Bien sur que non! Parce que la formation en médecine ne comprend aucun de ces sujets. De nos jours, on masque les problèmes au lieu d’informer les gens sur comment se guérir soi-même. C’est triste à dire mais pouvez-vous imaginer l’argent que perdraient les compagnies pharmaceutiques si tout à coup la moitié de la population n’avait plus besoin de toutes ces petites pilules ?

Ne vous méprenez pas, je n’implique en aucun cas le fait que tous les médicaments soient mauvais pour nous. La médecine réalise des miracles à chaque jour et certaines personnes ont besoin d’un coup de pouce temporaire ou permanent afin de se remettre sur pied ! Le problème à mon avis, est plutôt la trop grande facilité des professionnels de la santé à endormir le bobo avec des pilules ou à diagnostiquer un peu trop rapidement nos états de santé.

Je peux vous dire honnêtement que ce ne sont pas les médicaments qui m’ont été prescrits qui m’ont permis de réussir à contrôler mes crises de panique et surtout à les vaincre. Ma guérison s’est produite le jour où je suis devenue responsable de mes choix, de ma santé, de mon corps et que je suis sortie du moule nocif que l’on nous enseigne.

Si je peux le faire, vous le pouvez aussi ! Pour des trucs et conseils afin de réduire votre stress naturellement, jetez un coup d’oeil à ma page Facebook Chroniques d’une anxieuse.

Témoignage par : Nathalie Bryar



 

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