#moiaussi : Tout ce qu’il faut savoir à propos du mouvement et des répercussions d’une agression sexuelle sur les victimes.

Depuis quelques jours déjà, l’Internet a été prit d’assaut par des milliers de femmes et d’hommes qui sont victimes d’agressions et d’harcèlement sexuels. Nos murs Facebook sont remplis de messages de dénonciations, de partages d’histoires et de personnes qui brisent le silence. Bien qu’il y ait toujours eu des mouvements sociaux sur le web, le mouvement #metoo #moiaussi est, jusqu’à ce jour, le plus grand.

Bien qu’il soit indispensable de dénoncer, il est également nécessaire de connaître les impacts d’une telle épreuve sur la santé mentale et physique des victimes. D’être victime d’une agression sexuelle peut avoir de graves répercussions. C’est pourquoi il est important de mettre à leur disposition les ressources d’aide qui existent. Nous avons donc préparé pour vous, un dossier spécial complet dans lequel vous trouverez des réponses et de l’aide.

  • Origine du mouvement.
  • Le harcèlement sexuel qu’est-ce que c’est?
  • Être victime d’une agression sexuelle.
  • Répercussions physiques et psychologiques.
  • Signes et symptômes des maladies qui peuvent s’installer.
  • Ressources d’aide et de soutien au Québec ainsi qu’au Canada.
Origine du mouvement #moiaussi.

C’est le 5 octobre dernier que tout commence avec un article paru dans le New York Times. Dans celui-ci, Harvey Weinstein est accusé d’harcèlements sexuels et les artistes commencent rapidement à se ralier pour dénoncer l’homme. Angelina Joli, Gwyneth Paltrow et plusieurs autres actrices hollywoodiennes, s’ajoutent à la longue liste de victimes. Certaines d’entre-elles l’accuse également de viol. Dans un extrait sonore, dévoilé par la police de New York, on peut entendre le producteur américain menacer une victime qui avait rejeté ses avances. Depuis des dizaines d’années, Weinstein utilisait son pouvoir pour obtenir des faveurs sexuelles auprès de jeunes actrices et mannequins.

Quelques jours plus tard, la comédienne Rose McGowan affirme avoir été agressée sexuellement par Harvey Weinstein. Après avoir réalisée plusieurs publications pour dénoncer son agresseur, son compte Twitter est suspendu. Dans un élan de solidarité, le #womenboycottwitter est lancé afin de supporter l’actrice de charmed. Deux jours plus tard, le 15 octobre, Alyssa Milano arrive avec le mouvement #metoo (#moiaussi).

Il n’est pas difficile de comprendre ce mouvement car il est utilisé de façon explicite. Ceci-dit, je crois qu’il est important de s’attarder à son origine afin de bien comprendre pourquoi il est si important. Ce mouvement permet aux femmes et aux hommes victimes d’agression et d’harcèlement à caractère sexuel, de partager leur histoire publiquement. Il vise également à conscientiser le monde entier de l’ampleur du problème.

Chez nous, au Québec, cette vague de dénonciations a fait exploser une bombe à retardement qui, malheureusement, a mise beaucoup trop de temps à détoner. Si aux États-Unis c’est l’affaire Weinstein qui fait des ravages, ici nous avons l’affaire Salvail, l’affaire Rozon. Ces hommes d’affaires réputés et connus du public sont accusés principalement harcèlement sexuel.

20% de femmes actives ont dû faire face à une situation de harcèlement sexuel au cours de leur vie professionnelle. – Elle

Avec des chiffres autant élevés, il ne serait pas surprenant que la majorité d’entre-nous en ayons été la cible. Pour y mettre un stop nous devons apprendre à le reconnaître.

Le harcèlement sexuel qu’est-ce que c’est?

Le harcèlement sexuel regroupe des conduites à connotations sexuelles tels que : paroles, gestes et actes non désirés qui portent atteinte à l’intégrité de la victime. Il peut être fait sous forme psychologique et/ou physique.

Il peut se manifester notamment par:
  • Promesses de récompenses, implicites ou explicites, faites dans le but d’obtenir un accord quant à une demande de caractère sexuel;
  • Menaces de représailles, implicites ou explicites. Faites dans le but d’obtenir un accord quant à une demande de caractère sexuel ou faites à la suite d’un refus d’acquiescer à une telle demande;
  • Remarques ou des comportements à connotation sexuelle. Ils peuvent être perçus comme créant un environnement négatif d’étude ou de travail;
  • Sollicitation de faveurs sexuelles non désirées;
  • Commentaires inappropriés d’ordre sexuel. Des remarques sur le corps de la personne ou sur son apparence. Des plaisanteries qui dénigrent l’identité sexuelle ou l’orientation sexuelle de la personne;
    Questions intimes intrusives et innapropriées;
  • Regards insistants, notamment dirigés vers les parties sexuelles de la personne;
  • Des sifflements;
  • L’affichage de photographies pornographiques.

Bien que le harcèlement sexuel ne soit pas inscrit au code criminel, il est n’est aucunement acceptable! Il peut avoir un impact négatif sur notre santé mentale. Si vous croyez en être la cible, ne restez pas seul et demander de l’assistance.

Être victime d’une agression sexuelle.

Comme mentionné ci-haut, le harcèlement sexuel n’est pas à prendre à la légère. Néanmoins, d’être victime d’une agression sexuelle et/ou d’un viol est tout aussi inacceptable voir même plus.
L’agression sexuelle quand à elle, vise à assujettir une personne aux désirs de l’agresseur par un abus de pouvoir et par l’utilisation de la force. Dans bien des cas, la contrainte de la victime sera également utilisée. Lors d’une agression sexuelle, les gestes sont généralement commis sans le consentement de la personne visée. Parfois, le consentement sera donné mais la victime n’est pas en état de le donner réellement. Une agression sexuelle porte atteinte directement aux droits fondamentaux d’une personne, à son intégrité et à sa sécurité.

Cette définition s’applique peu importe :
  • l’âge, le sexe, la culture, l’origine, l’état civil, la religion et l’orientation sexuelle de la victime ou de l’agresseur sexuel;
  • le type de geste à caractère sexuel posé;
  • le lieu ou le milieu de vie dans lequel le geste à caractère sexuel a été fait;
  • les liens qui existent entre la victime et l’agresseur sexuel.

On parle également d’agression sexuelle lorsqu’on utilise d’autres expressions telles que :
abus sexuel, infraction sexuelle, contacts sexuels (sans consentement), inceste, prostitution et pornographie juvéniles, viol.

L’agression sexuelle est inacceptable, peu importe la situation et elle est criminelle. De dénoncer et de parler de votre agression sexuelle n’est pas toujours une décision facile. Ceci-dit, elle est un crime qui risque de se reproduire, en partie, en raison de la loi du silence. En allant chercher de l’aide le plus rapidement possible, les conséquences de votre agression seront diminuées et vous serez moins seul ou seule avec ce fardeau. Peu importe qui vous êtes, vous pouvez obtenir de l’aide en tout temps. Plusieurs professionnels des réseaux publics, parapublics et communautaires sont spécialement formés pour vous donner du soutien.

Repercussions physiques et psychologiques.
Pourquoi il faut aller chercher de l’aide :

Le fait de recevoir de l’aide le plus rapidement possible permet de diminuer les conséquences et de briser l’isolement. Les conséquences des agressions sexuelles sont multiples. Elles peuvent se manifester sous diverses formes et à différents moments de la vie des victimes. Certaines émotions ou réactions surviendront immédiatement après l’agression. D’autres apparaîtront parfois beaucoup plus tard, c’est-à-dire des jours, des mois ou des années après l’agression.

La majorité des victimes connaissent l’auteur présumé, soit 84,2 % des jeunes victimes et 78,8 % des victimes adultes. – Gouvernement du Québec

Les conséquences d’une agression peuvent varier en fonction de l’âge, du lien avec l’agresseur, de la nature des gestes posés. La durée et de la fréquence des agressions sexuelles, le degré de violence utilisé au moment de l’agression, les réactions de l’entourage et l’aide disponible sont aussi des facteurs de conséquences.

Que l’agression sexuelle ait eu lieu récemment ou il y a plusieurs années, elle entraîne des répercussions physiques et mentales. Certaines sont partagées par une majorité de victimes tandis que d’autres dépendent de la situation de chaque personne. Cependant, il existe des similitudes même si les expériences individuelles ne sont pas exactement les mêmes.

De façon générale, les agressions sexuelles peuvent entraîner les problèmes suivants :
  • Physiques : maux de tête, fatigue, troubles du sommeil, cauchemars, infections transmissibles sexuellement, grossesse non désirée, blessures, douleurs.
  • Psychologiques : tristesse, dépression, culpabilité, sentiment de colère et de rage, peur, faible estime de soi, honte, découragement, idées suicidaires, automutilation.
  • Troubles de l’alimentation : anorexie, boulimie.
  • Dépendance : à l’alcool, aux drogues, au jeu, aux médicaments.
  • Difficultés relationnelles avec : la famille, les amis, le conjoint ou la conjointe.
  • Frustrations ou de l’anxiété causées par : les procédures judiciaires, le procès, les témoignages à la cour.
  • Économiques, sociaux ou familiaux tels : rejet par les amis, difficultés au travail, perte de revenus.

Ces diverses manifestations peuvent survenir sur une plus ou moins longue période de temps débutant soit immédiatement après l’agression sexuelle ou plusieurs années plus tard. Avec le mouvement #metoo #moiaussi, plusieurs victimes d’agression sexuelle verront ses conséquences remonter à la surface. Nous devons donc être à l’écoute de soi-même et des autres. #jesuislà.

Conséquences possibles sur la santé mentale.

Si vous avez été victime ou si vous êtes le proche d’une victime, vous devez porter une attention particulière aux maladies mentales suivantes ainsi qu’à leurs signes et symptômes.

Dépression :

La prévalence de symptômes dépressifs devient plus élevée auprès des victimes d’agressions sexuelles. La présence des symptômes est expliquée par le trauma qui engendre une perte soudaine envers les autres, envers son environnement et envers soi-même. L’agression sexuelle engendre non seulement des conséquences immédiates mais le trauma peut aussi créer des conséquences à long terme.

On estime la prévalence de dépression majeure de trois à cinq fois plus élevée chez les victimes d’agression sexuelle comparativement au reste de la population.

Signes et symptômes de la dépression :
Syndrome post-traumatique :

Le syndrome post-traumatique est un état qui se caractérise par l’apparition de symptômes spécifiques suite à un ou plusieurs événements traumatisants. La victime d’agression sexuelle, qui a éprouvée de la peur intense, un sentiment d’impuissance ainsi d’horreur, risque de développer un tel trouble.

En voici les principaux symptômes : 
  • Souvenirs envahissants et répétitifs de l’agression;
  • Cauchemars;
  • Flashbacks olfactifs;
  • Irritabilité ou excès de colère;
  • Douleurs physiques;
Autres troubles :

Les troubles alimentaires, anorexie, mortalité, statistiques anorexie.

Les victimes d’agressions sexuelles sont également assujetties à développer des troubles alimentaires, des troubles anxieux et/ou de dépendances. Tous changements en ce qui à trait au fonctionnement d’une victime doivent être observés de près.

Avec la grande vague de dénonciations qu’apporte le mouvement #moiaussi, il se peut que les victimes soient à nouveau replongées dans les conséquences de l’agression. Il est donc primordial d’être attentif aux signes de la maladie mentale et surtout, d’aller chercher de l’aide.

Aide psychologique.
ACCCACS :

L’Association canadienne des centres contre les agressions à caratère sexuel est le seul organisme pancanadien de centres contre les agressions à caractère sexuel. L’Association travaille à promouvoir des changements sur les plans individuel, institutionnel et politique qui visent à prévenir et à abolir le viol et les agressions à caractère sexuel envers les femmes. Le site Internet de l’Association contient une liste des centres répartis dans les provinces et les territoires.

Source : www.casac.ca

CAVAC :

Les CAVAC dispensent des services de première ligne à toute personne victime d’un acte criminel et ses proches, ainsi qu’aux témoins d’un acte criminel. L’aide des CAVAC est disponible que l’auteur du crime soit ou non identifié, arrêté, poursuivi ou reconnu coupable.

Les CAVAC travaillent en collaboration avec les intervenants du milieu judiciaire, du réseau de la santé et des services sociaux et des organismes communautaires. L’intervention des CAVAC auprès des victimes se fait dans le respect de leurs besoins et à leur rythme. Elle s’appuie sur la capacité qu’ont les victimes de gérer leur propre vie et de prendre les décisions qui les concernent.

Source: www.cavac.qc.ca
Téléphone : 1 866.532.2822

CALACS :

Le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel est un organisme féministe à but non lucratif qui regroupe et appuie les CALACS membres. Ils luttent et dénoncent toutes les formes d’agressions à caractère sexuel : viol individuel ou collectif, attouchement sexuel, inceste, harcèlement sexuel, exhibitionnisme, voyeurisme, appel obscène, « cyberprédation », « cyber intimidation » et exploitation sexuelle à des fins de pornographie, de prostitution et de trafic sexuel.

Source : www.rqcalacs.qc.ca
Téléphone : 1 877.717.5252

Ligne ressource pour les victimes d’agression sexuelle :

Cette ligne téléphonique d’écoute, d’information et de référence est destinée aux victimes d’agression sexuelle qui se trouvent au Québec, à leurs proches ainsi qu’aux intervenants. Une équipe de personnes spécialement formées reçoit les appels, évalue les besoins et dirige les victimes vers les ressources appropriées d’aide et de protection. La ligne ressource est sans frais et accessible 24 heures par jour, 7 jours par semaine, partout au Québec. Elle offre un service bilingue et confidentiel.

Source : www.agressionssexuelles.gouv.qc.ca
Téléphone : 1 888.933.9007

Centres désignés pour les victimes d’agression sexuelle :

Un centre désigné pour les victimes d’agression sexuelle est un établissement du réseau de la santé et des services sociaux du Québec, généralement un centre hospitalier. Le centre désigné offre des services médicaux et effectue une intervention médicolégale et médicosociale auprès des victimes d’une agression sexuelle. Pour trouver le centre désigné et les autres ressources d’aide disponibles près de chez vous, appelez sans frais la Ligne ressource pour les victimes d’agression sexuelle ou consultez la liste des centres désignés à l’adresse Internet suivante.

Source : www.agressionssexuelles.gouv.qc.ca
Téléphone : 1 888.933.9007

AQPV :

Créée en 1984, l’Association québécoise Plaidoyer-Victimes (AQPV) est un organisme à but non lucratif qui a pour mission la promotion et la défense des droits et des intérêts des personnes victimes d’actes criminels ainsi que de leurs proches.

Source : www.aqpv.ca
Téléphone : 514.526.9037

Aide financière
IVAC :

L’IVAC est donc un régime d’indemnisation qui offrent des prestations pour aider les victimes et les sauveteurs dans le processus de guérison de leurs blessures causées par les actes criminels ou les actes de civisme. Si la blessure causée par l’acte criminel ou l’acte de civisme rend la victime incapable de travailler, d’étudier ou d’accomplir la majorité de ses activités habituelles​ de la vie quotidienne et domestique, une indemnité pour remplacer la perte éventuelle de revenus peut être versée.​

Source : www.ivac.qc.ca
Téléphone : 1 800.561.4822

Aide judiciaire
ÉDUCALOI :

Éducaloi est un organisme de bienfaisance enregistré québécois qui occupe un rôle de premier plan dans l’amélioration de l’accès à la justice depuis sa fondation en 2000. Il s’est donné pour mission d’informer le public sur la loi, sur ses droits et ses obligations. Pour y parvenir, il s’investit dans trois champs d’action principaux: l’information juridique, l’éducation juridique et le développement d’une expertise en communication claire et efficace du droit.

Source : www.educaloi.qc.ca

Pour les proches d’une victime vivant avec une maladie mentale
ALPABEM :

L’ALPABEM a pour mission de soutenir les membres de l’entourage d’une personne qui présente des manifestations cliniques reliées à un trouble majeur de santé mentale, en leur offrant une gamme de services visant à les informer, les aider et les outiller en vue d’une meilleure qualité de vie.

Source : www.alpabem.qc.ca
Téléphone : 1 888.688.0541

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