Anorexie : Quand tu as peur de transmettre ton mal…

« Être une mère m’a apporté beaucoup de bonheur et une collection de beaux petits moments, mais aussi une peur. Une peur atroce que je transmette mon mal à ma fille. »

 

Anorexie, peur de transmettre son mal à ses enfants

« Ce mal qui me contrôle parfois plus que j’ai le contrôle dessus. Il est comme une petite ombre qui se tapit, et parfois vient ternir mes pensées et troubler ma perception. »

L’anorexie serait héréditaire en plus,

et depuis que je sais ceci, parfois durant une belle sortie je peux entendre quelque chose de tout à fait anodin et avoir cette boule qui apparaît dans mon ventre. Je regarde alors ma petite loutre et j’ai peur à l’intérieur, peur qu’un jour elle soit aussi malheureuse que moi je le suis de mon corps. Elle est si belle, parfaite à mes yeux de maman. Comment un jour pourrait-elle se voir laide, grosse et imparfaite ?

Pourtant, je suis la petite fille d’une maman moi aussi. Elle avait, elle aussi, une belle perception de moi. Je sais que je peux l’aider et la guider, afin d’éviter qu’elle suive le même chemin. Dire des phrases comme :

« Non, juste deux biscuits, sinon tu vas prendre du poids » ou encore,

« Maman est grosse, elle ne peut pas manger du McDonald. »

Je le sais bien, mais quand on a un mal comme l’anorexie on n’y pense pas continuellement. Je ne m’aime pas. Non, je m’aime quand même aujourd’hui. Mais, il y a des jours très sombres où je me déteste, déteste ce corps, déteste ne pas être en contrôle, je ne comprends pas des situations et alors ce sont de très mauvais jours sur lesquels, je dois rapidement reprendre le contrôle ou sinon, les jours deviennent des semaines puis des mois, et je sombre ainsi tranquillement dans mon mal. Mon corps en souffre atrocement et je le détruis petit à petit.

anorexie mère-fille

J’ai eu déjà un coup de poignard en plein cœur quand un jour je montais la lessive dans les chambres pour la ranger, et j’ai surpris ma petite loutre devant son miroir avec ses mains sur son bedon inexistant (littéralement, elle n’a même pas de petit bedon d’enfant normal) et elle répétait : « Gros bedon ». Deux mots. Deux petits mots, mais qui m’ont foudroyés.

Je me suis effondrée devant ma petite loutre, du haut de ses 6 ans déjà se dire de telles choses. Et soyons honnêtes, ces choses, elle les a entendus de moi. Et je sais que je dois faire attention. Porter attention à ce que je dis, ou comment je me traite. Des mots et des gestes anodins que je ne pense pas dire si souvent, mais que je dois prendre conscience qu’ils n’affectent pas juste moi, mais aussi ma fille. Mais quand nous sommes dans une mauvaise passe, ou en chute, on ne voit pas ces choses, on perd le contrôle, même si on pense que nous prenons le contrôle. Ce sont ces moments que je dois fuir et m’assurer d’éviter.

Et pour une fois, je me dois de m’attacher à une peur. Oui! La garder en moi, bien ancrée, cette peur de voir ma fille souffrir de mon mal et se détruire. Tant que j’ai cette peur avec moi, je ferai encore plus attention à ne pas sombrer et à lutter lorsque je ne vais pas bien pour ressortir plus vite de ces moments et demeurer forte et saine.

Si vous aussi vivez avec un trouble alimentaire n’attendez plus pour demander de l’aide.

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