La peur du succès

Depuis aussi loin que je me souviens, j’ai peur d’avoir du succès, d’être populaire. Comme si je ne le méritais pas, comme si tôt ou tard je ne serais pas à la hauteur de cette responsabilité. J’ai été victime d’intimidation dès mon plus jeune âge.

Je suis québécoise de souche, par contre nous sommes partis vivre en France pendant les 4 premières années de ma vie, à notre retour, j’avais 5 ans et j’étais française. J’avais un accent et toutes mes références étaient en lien avec ce pays : nourriture, amitié, paysage.

Tout au long de mon parcours scolaire et ce jusqu’à la fin de mon secondaire, peu importe l’école où j’allais, j’étais victime d’intimidation. Jamais personne n’avait voulu être mon amie, jusqu’au jour où j’ai rencontré Sophie et Geneviève.

Geneviève un jour m’a dit : Annie tu es une personne extraordinaire, évidemment je ne l’ai pas cru.

« Le cerveau a la mémoire longue. On dit parfois que les coups blessent, mais pas les mots. Rien n’est plus faux selon la chercheuse Tracy Vaillancourt. Elle affirme que toute intimidation laisse sur les victimes de profondes cicatrices. » Source

C’est un départ

C’est en mars 2017, après avoir été mise à la porte de façon cavalière par un patron que je croyais loyal, que j’ai commencé à envisager d’être à mon compte.  Mais c’est à la suite d’une rencontre téléphonique qui m’aura mise hors de moi que j’ai démarré mon entreprise.

Cet appel téléphonique aura été marquant, en ce sens qu’il m’aura fait prendre conscience de ma valeur en tant qu’entrepreneure, que moi aussi j’avais droit au succès. Pourquoi laisserais-je encore quelqu’un prendre le meilleur de moi pour en tirer profit? Il était temps que je sois celle qui récolte le fruit de mon travail. Parce que je ne crois pas que je n’ai pas droit au succès, je donne aux autres ce qui me revient de droit.

Donc au lendemain de cette conversation, j’ai pris la décision de démarrer mon entreprise. J’ai acheté un nom de domaine, créé un site web et commencé le développement de mes affaires. Depuis je n’ai pas arrêté de travailler et en août 2017, je formais une employée. Le doute s’est installé : est-ce que je vais être à la hauteur de ce succès? Suis-je capable d’être un bon patron? Mes clients vont-ils s’en aller parce que j’ai engagé cette personne?

Mes amis

La vie à permis que je rencontre des personnes extraordinaires, mais c’est juste aujourd’hui, à 35 ans que je commence à accepter ma valeur. J’ai confiance en moi, je n’ai pas d’estime de moi. Cela semble paradoxal, et ça l’est. Je dois vivre avec tous les jours. Je suis extravertie, joviale, je parle aisément en public. Tous les jours, je dois me convaincre que si mon entreprise a du succès, c’est parce que je suis derrière et qu’elle reflète mes valeurs profondes.

Je vais passer le reste de ma vie à me convaincre de ne pas me saboter. Pour le reste de ma vie, je dois me  convaincre que je mérite un conjoint à la hauteur de mes qualités et de mes valeurs. Je vais passer le reste de ma vie à ne pas me saboter.

Mot de la fondatrice :

Le lien entre l’intimidation et la peur du succès est très bien expliqué dans le témoignage d’Annie. Lorsque nous en sommes victimes, nous apprenons à marcher la tête baissée.

De plus, au-delà de l’impact sur sa carrière, il est prouvé que l’intimidation joue un rôle important sur la santé mentale.

Merci Annie pour ton témoignage.

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