Ma fille, j’espère que tu comprendras un jour — chroniques d’une TPL

Mon enfant, ma petite étoile, je t’aime. Je t’aime comme je n’ai jamais aimé. Je t’aime plus que ma propre personne. Mais des jours, je n’ai pas le cœur à rire. Je n’ai pas le cœur de te dire que tout va bien. Car honnêtement, le mensonge ne fait pas partit de mes valeurs. À travers tes yeux, je le vois bien que tu te demandes ce qui se passe. Un jour, mon trésor, je t’expliquerai.

Lorsque tu es en colère après moi et que tu me lances : « Maman, je ne t’aime pas ! », tu me fais mal. Ce n’est pas ta faute. Tu as juste 4 ans ! Tu fais ça pour que je réagisse. Je le sais. Mais ça me heurte. La maladie prend le dessus et ça me fait de la peine. Beaucoup plus que je devrais en avoir. Et pour un court instant, je t’en veux. Mais dans le fond, c’est à moi que j’en veux. Entendre ces mots me fait réagir, car ma plus grande peur est que ça arrive un jour. Que tu me vois à travers ce putain de trouble de la personnalité limite ! Et que tu finisses par t’éloigner de moi.  

Toutes les minutes de ma vie, depuis que tu es là, je fais en sorte de te rendre heureuse. Mais, je dois aussi prendre en considération mes limites. L’anxiété que je vis me rend parfois distante parfois désagréable. Si tu savais comment je me sens coupable. Donc, ça arrive que je te demande d’aller jouer avec ton père. Tu ne le vois peut-être pas encore, mais je le fais, car j’ai un amour profond pour toi. Je ne veux pas que tu me voies ainsi… Je ne veux pas que tu voies la froideur à laquelle je suis capable. Et lorsque tu reviens heureuse, je suis enfin capable de t’écouter et d’être pleinement avec toi. À ce moment précis, ton câlin vaut plus que tout au monde. La chaleur est de retour dans mon cœur.

Ta maladie m’a beaucoup affectée. J’ai eu beaucoup de difficultés à gérer mon anxiété. Nous sommes chanceux, ton père est là pour nous. Les nuits où tu étais malade, c’est lui qui te réconfortait. Pourquoi, je n’y allais pas ? Je ne voulais pas que tu ressentes mon angoisse. Je voulais que tu puisses t’endormir paisiblement. J’ai tellement pleuré… Le sentiment de ne pas être à la hauteur ou de ne pas être une bonne mère, je l’ai eu plus qu’à mon tour. Ai-je pris la bonne décision ? Je ne crois pas. Mais, je l’ai fait avec les meilleures intentions au monde. Je l’ai fait pour toi mon cœur.

content

Qu’est-ce que je peux te dire au sujet de mes excès de colère ? Que ce n’est en RIEN ta faute ! Plus je vieillis moins j’en ai. Mais je sais pertinemment que parfois tu en es témoin. Je parle fort, je m’impatiente, mais jamais au grand jamais ce n’est contre toi. Je suis incapable de gérer mes émotions. Lorsqu’elles apparaissent, je dois les évacuées car sinon, je me sens étouffée. Sache mon coco que je travaille très fort pour régler tout ça. Un jour, je serais bien dans ma peau et je serais fière de qui je suis. C’est pour bientôt, promis.

Ton sourire, ton humour et ta spontanéité font de toi, un être extraordinaire. La vie m’a envoyé le plus beau cadeau qui soit. Tu me motive à me surpasser. Je ne te laisserais pas tomber, sois-en certaine. Lorsque tu me regardes avec admiration, je comprends enfin à quel point, je compte pour toi. Je saisis l’ampleur de mon rôle de mère et mon manque de confiance diminue de jour en jour. Hey oui, tu fais ça ! Je ne t’en remercierais jamais assez.  

 

Mon enfant, ma petite étoile, j’espère que tu me comprendras un jour…

Alexandra,

Alexandra Loiselle-Goulet

6 thoughts on “Ma fille, j’espère que tu comprendras un jour — chroniques d’une TPL

  1. Tellement criant de vérité, tellement touchant…. J’ai les 2 yeux dans l’eau, la poitrine qui me serre mais en même temps , ce sourire aux lèvres….. Wow! ? Tu as mis des mots sur ce que j’essayais de verbaliser moi-même depuis tellement longtemps. Je te lève mon chapeau bien haut! Bravo! Et merci!

    1. Merci beaucoup pour votre commentaire Marie-Soleil et désolé pour la réponse tardive. Nous n’avions pas vu votre message.

      Je vais passer votre mot à notre auteure. ?

  2. wowwwwwww , c est exactement ca , on se sent si coupable , et comment leur expliquer comment on se sent (meme les adultes on de la difficulté a nous comprendre ) . mon fils a 22 ans et m en veux , est ce que j ai eté une mauvaise mere ho que non , mais je lui ai jamais dit comment je souffrait et comment je me sentait interieurement . l angoisse , l impuissance , la peur de cecei et cela , je le voulais tellement heureux ……mais il m en veut maintenant ….. me rejette oufff ;-(
    je n ai pas adrsse e mail juste face book marie chantal martin (baie comeau)

    1. Merci beaucoup pour votre commentaire Marie Chantale et désolé pour la réponse tardive. Nous n’avions pas vu votre message.

      Ça doit faire mal à votre coeur de maman et c’est normal. Je vous souhaite sincèrement d’avoir votre fils dans votre vie à nouveau.

      Xx

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *