Faire valoir ses droits en santé mentale : toute une bataille!

Il est présentement 4h40 du matin et je suis assise sur mon sofa, complètement à l’envers, incapable de dormir. J’ai mal au coeur et à la tête, je suis toute en sueurs et mon pouls est à 120 battements la minute au repos. J’ai le “shake”, ma vision est floue et j’ai l’air du bonhomme émoji vert avec un masque! Pourquoi ? Tout ça car je suis en sevrage d’un anxiolitique! N’ayez pas peur, un sevrage bien fait ne vous fera pas sentir aussi mal mais ma situation est quelque peu différente.

Laissez-moi vous raconter ce qui m’arrive et ce qui malheureusement, arrive à des centaines de patients en santé mentale.

Pour la ville de Laval seulement Les commissaires locaux aux plaintes et à la qualité des services […]Ils ont également répondu à 1 026 demandes d’assistance. (Réf : Laval Santé)

 

Je vous épargnerai la version longue de mon combat avec le système de santé mais sachez d’abord que le début de mes “mésaventures” remonte à 2013. Pour cette nuit, je “fast foward” mon “film” Émélie vs le système et je vous partage le chapitre récent.

Je suis en sevrage depuis cinq jours maintenant. Un sevrage involontaire causé par le manque flagrant de professionnalisme, d’éthique et de bonne foi de la part de ma psychiatre et du département de psychiatrie de la cité de la santé de Laval. Dernièrement,  j’ai fais la demande d’être suivie par un nouveau psychiatre car je conteste le diagnostic et la thérapie proposée par celle qui me voit présentement. Je suis maintenant sur une liste d’attente pour une nouvelle évaluation sauf que ma demande , je la paye cher en s’il vous plaît ! Ma psychiatre refuse de faire le renouvellement de ma médication en attendant malgré le fait que c’est fortement déconseillé d’arrêter brusquement ce type de médicament.

Recevoir des services adéquats signifie, entre autres, être traité par des professionnels compétents, être respecté par le personnel de l’établissement, être écouté, bénéficier d’un bon suivi médical et professionnel et participer aux décisions concernant son état de santé et de bien-être. (Réf: Guide pratique sur les droits en santé mentale)

Faire valoir ses droits : 

En voulant faire valoir mes droits, ceux qui permettent à un patient de choisir par qui il se fera traiter et d’être impliqué activement dans les choix de traitements,  on m’enlève mon droit à la continuité des services. L’ego et l’incapacité d’admettre ses erreurs passe par dessus les besoins, les droits et la santé aux yeux des détenteurs de diplômes universitaire qui se font un grand plaisir de faire savoir à tout le monde qu’ils ont été à l’école.

Le “double” standard des maladies mentales :

Déjà qu’il est difficile de recevoir des soins adéquats pour notre santé physique, il en est presque impossible lorsque ça concerne notre santé mentale. On ne tappe pas sur quelqu’un qui est déjà à terre, est vraisemblablement un principe qui a été oublié d’être livré au système de santé croyez moi! Aujourd’hui je me retrouve à subir encore une fois , les conséquences d’avoir établie mes limites. Mais  qu’en est il des obligations légales et des droits de la personne? En voici quelques exemples:

  • des services de qualité sur le plan scientifique, humain et social;
  • des services personnalisés et adaptés à votre état de santé;
  • des services continus, c’est-à-dire sans interruption injustifiée;
  • des services sécuritaires.

Vous avez également le droit :

  • d’être informé de votre état de santé, des traitements disponibles et de leurs effets;
  • d’être informé des services auxquels vous avez accès et de la façon de les obtenir;
  • d’être traité avec respect;
  • de prendre les décisions qui vous concernent.

Référence: Educa Loi

Tout être humain a le droit à des services respectables , adéquats et personnalisé qui respecte ses valeurs et ses besoins, même si ça concerne sa santé mentale! Ce n’est pas une boite à part parce que ta maladie est “dans ta tête” et ce n’est certainement pas une raison valable pour tasser du revers de la main, ton point de vue et tes connaissances.

Nos recours :

Si vous aussi croyez que vos droits n’ont pas été respectés, il faut absolument dénoncer et vous renseigner sur les recours disponibles. Si nous voulons faire en sorte que ces abus arrêtent, nous devons briser le silence ensemble. Pour déposer une plainte de la bonne façon, je vous invite à consulter le site internet du CAAP (Centre d’assistance et d’accompagnement aux plaintes.)

En terminant, je tiens à vous encourager de ne pas abandonner malgré toutes ces injustices.  En aucun cas je suggère que vous mettiez fin à votre médication   et/ou votre thérapie complètement ni temporairement pendant l’attente de services et de suivis appropriés. Il est très important pour votre santé de poursuivre ce qui est déjà en place.

Je suis vraiment curieuse de connaître VOS histoires avec le système. Racontez-moi dans les commentaires.

Émélie xx

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