Chère émétophobie, je n’ai plus besoin de toi. Lettre à la phobie de vomir.

Chère émétophobie,

Aujourd’hui je te déteste comme je ne t’ai jamais détesté auparavant. C’est bizarre car en même temps, je n’ai pas envie que tu partes. J’ai peur que si je te laisse aller, je me mettrai à vomir régulièrement. Je sais que c’est une illusion mais j’ai l’impression que tu me protèges. Si tu pars, qui sera là pour le faire?

Pourquoi j’éprouve ces sentiments qui sont à deux opposés? Je veux que tu partes et je veux que tu restes. Pourquoi?! Au fond, c’est toi chère émétophobie qui me fais sentir ainsi!

Si tu pars, il n’y a absolument aucune raison pour laquelle je vomirais. Et si ça en venait à ça, ce ne serait pas grave car je ne serais plus phobique. Je n’aurai plus peur du vomi donc je n’aurais rien à craindre. Tu vois chère émétophobie, c’est pour ça que je te hais!

Tu joues avec ma tête constamment. Tu me fais douter de mes propres pensées, de mes propres croyances et de mes désirs. En me faisant croire que j’ai besoin de toi, tu me frênes dans ma guérison. Je vis avec toi depuis ma tendre enfance et bien honnêtement, j’ai du mal à m’imaginer à quoi ressemblerait la vie sans toi. Je me demande même qui serais-je sans toi.

Est-ce moi qui n’aime pas les manèges ou est-ce toi qui me fais croire que c’est plate? Est-ce moi qui ne veux pas manger des huîtres malgré ma grande passion pour la cuisine ou est-ce toi qui m’en empêche par peur d’avoir une intoxication alimentaire? Et lorsque je n’ai pas envie d’aller à une fête parce que je suis fatiguée, ou parce que je me sens nauséeuse, est-ce que je le suis vraiment? Est-ce ce que c’est toi qui me mets dans bâtons dans les roues simplement parce qu’en réalité, j’ai peur de tomber sur quelqu’un de malade?

Tout ça sans parler de tous les symptômes physiques que j’ai régulièrement. Ai-je vraiment mal au ventre 5 jours sur 7 ou est-ce que c’est toi qui me provoques des maux pour m’empêcher de vivre? À chaque automne, lorsque le froid s’installe et que les feuilles tombent, est-ce moi qui pour cent mille raisons je n’ai plus envie de sortir? Je ne crois pas…

Je crois que c’est toi, chère émétophobie qui m’emprisonne de novembre à mai. Je veux que tu partes. Plus que jamais et avec toutes les cellules de mon corps, je veux que tu me laisses tranquille.

Il est temps que je vive sans toi; il est temps que je sois libre…

Émélie

Chère émétophobie, il est temps que tu partes

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4 thoughts on “Chère émétophobie, je n’ai plus besoin de toi. Lettre à la phobie de vomir.

  1. Il est 01h21 , j’ai fais une crise d’angoisse qui a durer 1h00. J’ai lu tout tes articles, et honnêtement je m’y suis tellement reconnue que j’aurais pu les écrires. J’ai cette phobie depuis mes 8 ans environ, donc depuis 12 ans déjà. Je suis qui je suis aujourd’hui grâce / à cause d’elle. J’ai eu de l’anorexie, je me suis privé de beaucoup de choses et j’ai vécus et vis énormément de crise d’angoisses a cause d’elle. Je vais arrêter d’ecrire, sinon je pense que je pourrais en faire un roman. Mais je te remercie d’avoir parler de cette phobie dont personne parle, je me sens moins seule.

    1. Bonsoir Marie, tout d’abord merci pour ton commentaire et de nous avoir lu. Des crises au beau milieu de la nuit je connais ça. Je suis vraiment désolée que tu en vive une présentement.

      N’oublies pas par contre que la crise passera assurémment comme toutes celles que tu as vécue avant. Je sais que c’est épeurant mais je suis convaincue que tu as la force de passer au travers. Tu es une guerrière aussi et n’hésite jamais à nous écrire.

      Même si c’est un roman!

      Émélie xx

  2. En pleine crise de panique. Recroquevillée sur mon lit.
    Je connais votre lettre par coeur. Je suis à bout. Plus de 20 ans de galère… J’ai 32 ans. Je suis en train de passer à côté de ma vie…

    1. Bonjour Valérie, tout d’abord, merci pour votre commentaire.

      Je suis désolée d’apprendre que vous êtes, vous aussi, accablée par l’émétophobie.

      J’ai également 32 ans et j’ai aussi souvent l’impression de passer à côté de ma vie. Surtout en hiver avec la gastro qui court partout!

      Laissez-moi dire que je vous comprends et je comprends votre souffrance. Ceci-dit, c’est justement parce que je comprends votre réalité que je me permets de vous dire de ne pas perdre espoir.

      J’ai longtemps cru qu’il n’y avait pas de solutions et que la guérison était impossible. Après beaucoup de recherches, de lectures et d’instrospection, je peux maintenant affirmer que c’est possible.

      D’ailleurs, malgré que je ne sois pas encore guérit, je suis sur cette voie. En 1 an, j’ai fais plus de progrès qu’en 20 ans.

      Je vous invite à lire nos autres textes liés à l’émétophobie. N’hésitez pas à nous écrire et surtout, n’abandonnez pas.

      Avec amour,
      Émélie

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