Borderline : La maladie mal-aimée.Témoignage. 

Suis-je née borderline? Qui est responsable? Qui m’a affublé de cette maladie? Comment accepter que mon numéro ait été tiré au sort dans la grande loto de la vie? Ma vie à moi est une suite non concluante de tentatives de suicides et un sentiment chronique de vide persistant.

Je suis née et je suis vivante, je continue de vivre et de souffrir, intensément, comme tout ce qui compose ma personnalité. J’en veux à la vie et à la population, à la médecine et à mon entourage. C’est normal, je me sens incomprise et mise de côté, sans importance. Pourquoi? Pour cette maladie détestée par le clan médical, ignorée du public, malmenée.

C’est simple, je suis jalouse; jalouse du temps d’antenne accordée aux bi-polaires et aux dépressifs, jalouse que la santé mentale ait ses chouchous. Qui me représente? Quelques livres bien sûr traînent en librairie mais…

C’est quoi un trouble limite?

C’est 9 critères. Pour un diagnostic positif il faut avoir 5 symptômes ou plus. Les gagnants pourront vivre le rejet, l’abandon, l’incompréhension et, ultimement, se feront écraser à cause de leur petit nombre et de la complexité de la maladie et du manque d’information grand public et de documentation spécialisée.

Je suis chanceuse malgré tout…je fais partie de ces borderlines qui sont fonctionnelles en société. Travail, gestion de mon environnement physique, gestion de mon budget: toutes de choses que je parviens à relativement bien contrôler…sauf le budget parfois!

Suis-je mieux qu’une aute personne souffrant d’un trouble limite pour autant? Non. J’ai juste la peau plus épaisse. Ma capacité de détachement est plus présente que chez un autre tout simplement. Ma résilience aussi peut-être.

Le trouble limite, c’est aussi une maladie complexe détestée par les professionnels.

J’exagère un peu,…mais très peu! C’est une maladie un peu particulière, complexe, à cheval entre la névrose et la psychose. Elle est une maladie surprise car, avec un diagnostic (5 symptômes sur une possibilité de 9)..c’est chacun des porteurs qui a ses propres particularités. Le clan médical s’y perds, se sent parfois mal outillé.

Le trouble limite, c’est aussi le manque de formation des intervenants. Chaque « patient » ayant ses propres particularité, la littérature parvient difficilement à faire le tour et se contente bien souvent de décrire les 9 symptômes et d’y joindre quelques détails et explications. Le trouble limite, c’est des pharmaceutique qui n’ont aucun intérêt è faire de la recherche, c’est de prendre une médication qui n’a pas été testée pour nous. C’est prendre des médicaments qui sont conçus pour les dépressifs, les bi-polaires, les schizophrènes…

La personnalité borderline, c’est une espérance de vie de 10 à 15 ans diminuée par rapport à la population. C’est un taux de suicide de plus de 10% chez les patients atteints mais c’est un taux de 30% plus élevé que la population en général. Le trouble limite, c’est la maladie la plus mortelle du DSM-IV.

Voir la vie en noir ou en blanc…

Avoir un trouble limite, c’est voir la vie version monochrome, en noir ou blanc, les nuances de gris sont rares et souvent inexistantes. Avoir un trouble limite, c’est vivre une vie en dents de scies. C’est avoir des émotions sans en comprendre l’origine, des émotions fortes et qui perdurent, surtout les émotions négatives. C’est, souvent, souffrir d’impulsivité. Jumelez l’impulsivité avec la vie monochrome et les émotions négatives persistante et vous obtiendrez ce taux de suicide aberrant. Mais le trouble limites a ses compensations.

Être borderline vient aussi avec un lot de positif.

Trouble de la personnalité limite, borderline, témoignage d'une mal-aimée

Souffrir d’un trouble limite, c’est aussi posséder une sensibilité et une lecture des émotions d’autrui hors du commun. Mieux encore, ce trouble vient avec une bonne dose de créativité. Le trouble limite nous offre gratuitement des spécificités thérapeutiques avantageuses. Bien sûr, toutes les victimes n’ont pas encore découvert leur branche, leur talent, certain ne trouveront jamais…mais ce talent…ces talents, sont là, à portée d’imagination, prêts à nous élever au-dessus de nos souffrances, de notre mal-être, de ce sentiment chronique de vide intérieur, grugeant, persistant, envahissant.

C’est tout ça être borderline. Cette maladie ne définit pas, elle explique!

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