Adieu, chère amie! Une lettre pour toi, épuisement professionnel.

Ma chère amie,

adieu, chêre amie.

C’est aujourd’hui que nos chemins se séparent. Ouf…on en a traversé des tempêtes ensemble. J’en suis presque nostalgique. Est-ce que tu te souviens de notre première rencontre ? Tout à commencer un soir de juin, à l’hôpital. J’attendais le médecin.

J’avais l’impression d’attendre pour absolument rien. Mais ma maman avait tellement insister pour, que je n’avais pas pu lui dire non. C’est vrai ! comment dire non à une maman de 5 pieds 2 hyper stressée pour sa fifille d’amour …j’en étais incapable, je n’en avais pas la force. Je n’avais pu d’énergie…pour rien !

Et pour ne pas aider ma cause…c’était la première fois depuis longtemps que je n’avais ni mal au ventre ni mal à la tête. J’avais bien mangé et je n’avais pas mal au cœur. Je ne souffrais pas de laryngite, bronchite, sinusite et autres maladies en « ite ». Mon corps n’était pas en état de choc en train de s’inventer une méningite ou une pneumonie. J’étais simplement triste et fatigué. Ben oui ! J’étais fatigué donc c’était normal tout ça. C’était un mode de vie que j’avais accepté avec le temps. Et puis, sans comprendre comment j’en étais arrivé là, le médecin m’a annoncé que j’étais en épuisement professionnel.

– Euh…moi !

– En burnout !?

– Comment était-ce possible ?

– Je suis une femme, une mère forte ! Pas une lâche !

– Tsé…franchement… moi ! Impossible…!

C’est alors que tu es arrivée. Tu m’as prise dans tes bras. Comme une décharge électrique, tu m’as frappée avec puissance et tu m’as fait sombrer dans un état de panique intense. Tu m’as fait découvrir ton monde obscur où la joie n’a pas sa place.

– Moi ! Arrêtez de travailler ? Non !

– Un mois ? Encore moins ! Avec suivi ? Deux mois d’arrêt ! Êtes-vous fou !

En bonne amie tu m’as promis d’être là et tu as malheureusement tenu promesse. Mais on s’habitue à ta présence. J’ai même réussi à sortir de mon burnout. Étape par étape, avec l’aide de mon entourage, j’ai remonté la pente. Je devais être forte. Pour ma fille ! Enfin je croyais l’avoir remontée…la pente.

Tout d’abord, j’ai quitté mon emploi à la recherche d’un monde meilleur, mais tu m’as suivi. Comme une espionne, tu m’as “tracké” jusque dans mes meilleurs moments d’euphories. D’une manière, je dois l’avouer, c’était une sorte d’amour-haine entre toi et moi, car je croyais fortement que nous formions qu’une seule et unique personne ensemble. Cependant, tu as été à la fois mon bourreau et mon âme sœur.

En conséquence, je ne compte plus les fois où je me suis sentie perdue dans ma tête. J’étais là, mais j’étais absente. En fait, seule au monde, personne pour me comprendre…sauf toi bien sûr. Par la suite, j’ai osé demander à mon médecin des antidépresseurs. J’ai pris le comprimé avec confiance et je t’ai dit adieu. Malheureusement, je m’étais trompé parce que je ne t’avais pas dit adieu, je t’avais simplement caché dans mon cerveau engourdi par les médicaments. Je ne dis pas que ce n’est pas bon, au contraire ceci aide beaucoup de gens,  le fait que ce n’était simplement pas fait pour moi.

Par contre, cette expérience m’a donnée l’énergie et la confiance pour te dire adieu.

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Chère amie.

Finalement, je t’ai abandonné sur le bord d’une route, à la fin d’un long chemin parcouru. Il est vrai que ça été difficile à faire, mais je ne reviendrai pas te chercher. Je ne viendrai plus me cacher dans tes bras, les larmes aux yeux. Bien sûr, il m’arrive parfois de me retourner et de t’apercevoir. Tu es le genre d’amie qu’on ne peut oublier. Mais tu es une amie que je dois oublier et je le fais à mon rythme depuis quelques mois maintenant. J’embrasse la vie, mes erreurs, mes échecs, mes joies et mes réussites. Parce que tu m’as appris que la beauté de la vie c’est de savoir tomber. Tu avais tort. La beauté de la vie, c’est de savoir se relever.

Je t’écris aujourd’hui parce que pour la première fois je ne me suis pas retourné depuis longtemps. C’est la fin de notre aventure, heureusement.

En fait, j’ai choisi de vivre heureuse. Bien sûr, j’ai dû faire des choix. D’abord, j’ai dû m’éloigner de certaines personnes, de certaines choses qui n’avaient plus sa place dans ma vie. Pourquoi ? Parce que j’ai changé, tout simplement, car malgré tout, on ressort transformé avec ce genre d’aventure. Puis je suis revenu à la source, je me suis retrouvé après tant d’années.

Pour finir, j’ai refait la paix avec mon coeur d’enfant, Dieu et mes convictions. Ma vision du monde a changé et je ne veux plus suivre le chemin des troupeaux de moutons parce que tandis qu’ils marchent moi je danse sur un chemin que j’ai choisi de parcourir, de découvrir. Un chemin où les règles sont miennes, car je suis en paix avec moi-même.

C’était la dernière fois qu’on se parlait mon amie. Merci de m’avoir fait comprendre que tu avais tort parce que tu  m’as fait voir que c’est dans nos faiblesses que résident nos forces. Pour terminer, je te remercie de respecter mon choix de continuer sans toi.

Adieu…enfin !

P.S. La dépression, l’anxiété ou peu importe, la maladie mentale n’est pas à prendre à la légère. Celle-ci pourrait être fatale.

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