Témoignage : Quand l’anxiété touche toute la famille.

Mon nom est Marianne Banville et voici mon histoire :

La maladie. Elle prend toute sorte de formes. Celle que je côtoie est silencieuse. On ne la voit pas à première vue. Elle fait mal. Elle est incomprise. Je vis mon quotidien avec l’anxiété, et ce, depuis mon enfance. Je comprends mieux que quiconque, du moins, en bonne partie la violence que nous nous efforçons à soutenir afin de camoufler ce mal-être, si je peux nommer ça ainsi.

Ma fille vit avec des crises d’anxiété, crises de panique et deuil d’une séparation avec violence psychologique. Sachez que la violence est sournoise et qu’elle détruit. J’y reviendrai. Mon fils vit avec l’autisme et une déficience intellectuelle. Sa réalité est une grosse bulle où il nous laisse rentrer de façon momentanée. Un enfant vivant dans un corps d’adulte.

Maman anxieuse, vivant et côtoyant cet état. Ça fait partie intégrante de ma vie. Je ne dis pas maladie, car on n’en meurt pas. Cependant il faut être une battante. Pourquoi battante? Parce que nous nous battons contre nos propres démons, nos propres limitations, et qui est le pire bourreau? Malheureusement, nous-mêmes!

 



 

Avec les années, j’ai appris à “dealer” avec cette partie de moi-même. Il y a eu un moment que j’avais peur de sortir de chez moi. Que les contacts avec les gens étaient difficiles. Voyager était un stress inimaginable. J’étais malade d’angoisse: maux de tête, vomissement, diarrhée et j’en passe. Je survivais.

Heureusement, la vie faisant bien les choses, j’ai rencontré certaines personnes qui m’ont aidé, sans même le savoir. Tranquillement, mais sûrement je reprenais les rênes de ma vie. Mon état n’avait pas changé. J’ai simplement apprivoisé la bête noire. Elle est toujours là. Elle me lance des petits coucous occasionnels pour me signifier qu’elle n’est pas partie. Mozus que dans ces moments on se sent vulnérable, impuissante et nous ne trouvons pas les mots pour expliquer comment on le vit.

Vulnérable. Impuissant…

C’est ces sentiments que nous ressentons quand nous recevons le diagnostic. Quand ça touche directement nos enfants, je peux vous dire que c’est d’autant plus intense. Pourquoi? Parce que j’ose imaginer dans mon monde de licorne que tout parent sensé de ce monde désire ce qu’il y a de mieux pour son enfant. Vivre les jugements des gens, de la société, et faire le deuil éveillé de plusieurs étapes importantes de la vie de son enfant alors qu’il est bien en chair à tes côtés, c’est déchirant. Déchirée. Coeur brisé. La violence en est malheureusement souvent l’instigatrice.

Voir son enfant en petite boule, pleurant toutes les larmes de son corps, n’étant pas capable de s’arrêter et ni capable de mettre ses sentiments en mots, c’est à ce moment que la battante doit être présente. C’est à ce moment que maman doit offrir en cadeau ce qu’elle s’efforce à appliquer depuis des années à son enfant. Aujourd’hui, j’accepte ma condition, mais c’est un combat de tous les jours. Pour les autres, je me dis que l’éducation est à faire. Et pour le malin, je me jure bien d’y botter l’arrière-train!

Un jour à la fois, on choisit son chemin, son propre combat…

Témoignage par : Marianne Banville

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